jeudi 19 juillet 2012

Livre : Pierre Lafue, "Louis XVIII".

Pierre Lafue, Louis XVIII, éd. France-Empire, 2012 (première édition 1944).
I.S.B.N. : 978-2-7048-1148-9

Note : * * * * *

Commentaire : Les éditions France-Empire proposent la réédition de nombreux livres déjà parus et qui devenaient rares. Cette initiative permet de (re)découvrir, notamment, cette biographie sur le frère cadet de Louis XVI. Cette œuvre de Pierre Lafue (1895-1978) raconte les différentes périodes traversées, depuis le règne de Louis XV jusqu'à sa mort en 1824, par ce monarque moderne qui offrit la liberté individuelle, la liberté religieuse, et la liberté de la presse. La Charte, proposée en 1814, et son règne démontrent son engagement humain et politique pour prendre sur lui les quelques erreurs commises par certains Français et hommes d’État qui causèrent non seulement la ruine de la France mais aussi son possible démantèlement après la fin des Cent-Jours. Louis XVIII, Roi modéré, a voulu concilier les héritages révolutionnaires et napoléoniens avec ceux de l'Ancien Régime.

mercredi 11 juillet 2012

Versailles, des jardins aux châteaux de Trianon.

Réalisation : ALOEST Productions, François-Hugues de Vaumas et Xavier de Lauzanne, E.P.V. 2012, tous droits réservés.

Louis XVIII dans son cabinet de travail aux Tuileries, par François Gérard (1770-1837).

Huile sur toile. Hauteur : 2.710 m. Longueur : 3.170 m. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon (C) RMN (Château de Versailles) / Gérard Blot.

Corbière (1766-1853) mentionne dans ses Souvenirs ce portrait de Louis XVIII (1755-1824) méditant la Charte. Il précise : "C'est celui où Gérard a le mieux saisi son regard." Il a sous les yeux, en écrivant cela, la gravure réalisée à partir de cette œuvre. Louis XVIII a souhaité que la modeste table en noyer qui l'avait accompagné dans son exil soit placé dans son cabinet des Tuileries. Elle avait l'avantage, pour le souverain impotent, de pouvoir être repoussée sans effort. Le roi offrit ce tableau à la comtesse du Cayla pour orner son château de Saint-Ouen.

 Le château de Saint-Ouen construit, à l'italienne, par l'architecte Jean-Jacques-Marie Huvé (1783-1852). Louis XVIII l'offrit à la comtesse du Cayla qui y tint une grande fête en 1823.

Source : Comte de Corbière, Souvenirs de la Restauration, éd. Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2012, p.I.

mardi 10 juillet 2012

Une scène qui se passe entre 1750 et 1752 : François Quesnay (1694-1774) et la poudre de perlimpinpin.

 Portrait de François Quesnay réalisé par Jean-Charles François d'après une peinture de Jean-Martial Frédou.

"Le roi [Louis XV] sortit pour aller à la figuerie avec Madame [de Pompadour], et bientôt après entra Quesnay, ensuite M. de Marigny. Je parlai avec mépris de quelqu'un qui aimait beaucoup l'argent, et le docteur, s'étant mis à rire, dit : "J'ai fait un drôle de rêve cette nuit. J'étais dans le pays des anciens Germains ; ma maison était vaste, et j'avais des tas de blé, des bestiaux, des chevaux en grand nombre, et de grands tonneaux pleins de cervoise ; mais je souffrais d'un rhumatisme, et ne savais comment faire pour aller à cinquante lieues de là, à une fontaine dont l'eau me guérirait. Il fallait passer chez un peuple étranger. Un enchanteur apparut, et me dit : "Je suis touché de ton embarras : tiens voilà un petit paquet de poudre de perlimpinpin ; tous ceux à qui tu en donneras te logeront, te nourriront, et te feront toutes sortes de politesses." Je pris la poudre et je le remerciai bien. - Ah comme j'aimerais la poudre de perlimpinpin ! lui dis-je ; j'en voudrais avoir plein mon armoire. - Eh bien ! dit le docteur, cette poudre, c'est l'argent que vous méprisez. Dites-moi, de tous ceux qui viennent ici, quel est celui qui fait le plus d'effet ? - Je n'en sais rien, lui dis-je. - Eh bien ! c'est M. de Montmartel, qui vient quatre ou cinq fois l'an. - Pourquoi est-il considéré ? - Parce qu'il a des coffres pleins de poudre de perlimpinpin." Il tira quatre louis de sa poche : "Tout ce qui existe est renfermé dans ces quatre pièces, qui peuvent vous conduire commodément au bout du monde. Tous les hommes obéissent à ceux qui ont cette poudre, et s'empressant de les servir. C'est mépriser le bonheur, la liberté, les jouissances de tout genre, que mépriser l'argent."

 Portrait de Madame de Pompadour, par François Boucher (1703-1764), 1756, huile sur toile, Musée de Munich, Alte Pinakothek.

Un cordon bleu [un chevalier de l'ordre du Saint-Esprit] passa sous les fenêtres, et je dis : "Ce seigneur est bien plus content de son cordon que de mille et mille de vos pièces. - Quand je demande au roi une pension, reprit Quesnay, c'est comme si je lui disais : "Donnez-moi un moyen d'avoir un meilleur dîner, d'avoir un habit bien chaud, une voiture pour me garantir de la pluie et me transporter sans fatigue." Mais celui qui lui demande ce beau ruban, s'il osait dire ce qu'il pense, dirait : "J'ai de la vanité, et je voudrais bien, quand je passe, voir le peuple me regarder d'un œil bêtement admirateur, se ranger devant moi ; je voudrais bien, quand j'entre dans une chambre, produire un effet, et fixer l'attention des gens qui se moqueront peut-être de moi à mon départ ; je voudrais bien être appelé monseigneur par la multitude." Tout cela n'est-il pas du vent ? Ce ruban ne lui servira de rien dans presque tous le pays ; il ne lui donne aucune puissance ; mais mes pièces me donnent partout les moyens de secourir les malheureux. Vive la toute-puissance poudre de perlimpinpin !"
A ces derniers mots, on entendit rire aux éclats dans la pièce d'à-côté, qui n'était séparé que par une portière. La porte était ouverte, le roi entra avec Madame et M. de Gontaut. Il dit : "Vive la poudre de perlimpinpin ! Docteur, pourriez-vous m'en procurer ." Le roi était rentré, et il lui avait pris fantaisie d'écouter ce que l'on se disait. Madame fit de grandes amitiés au docteur ; et le roi, riant et parlant de la poudre avec éloge, sortit.

Portrait de Louis XV en buste (1710-1774), par Quentin de La Tour (1704-1788), 1748, Musée du Louvre.

Je m'en allai, et le docteur aussi. Je me mis à écrire aussitôt cette conversation. On me dit depuis que M. Quesnay était fort instruit de certaines choses qui ont rapport aux finances, et qu'il était un grand économiste ; mais je ne sais pas trop ce que c'est. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il avait beaucoup d'esprit ; il était fort gai et fort plaisant, et très habile médecin."

Source : Mémoires sur Louis XV et Madame de Pompadour, par Madame de Hausset, éd. Mercure de France, coll. le Temps retrouvé, (1985) 2002, pp.38-40.

mercredi 20 juin 2012

Versailles après la Révolution française.

Réalisation : ALOEST Productions, François-Hugues de Vaumas et Xavier de Lauzanne, E.P.V. 2012, tous droits réservés.

mercredi 6 juin 2012

Le musée de Cholet et les guerres de Vendée.

Présenté par grégoire de Chatillon, images d'Arnaud Barrier, montage de Grégoire de Chatillon.

Direction Cholet pour découvrir le musée d'Art et d'Histoire, consacrée en partie à l'histoire des guerres de Vendée. (DROITS RESERVES . Pour toute exploitation sur TV, web, mobile, aller sur http://wizdeo.com/s/banqueimages )

Louis-Marie de Salgues, marquis de Lescure, grièvement blessé.

"On me cacha ce qui regardait M. de Lescure. Le bruit de sa mort était répandu. Je ne m'en doutais nullement. Au contraire, chacun m'assurait que sa santé était bonne, mais que la déroute l'avait conduit vers Beaupréau et non à Cholet, ce qui m'empêchait d'en recevoir des nouvelles.

Louis-Marie de Lescure (1766-1793), par Robert Lefèvre (1755-1830), 1818, musée d'art et d'histoire de Cholet.

Voilà l'histoire de ce combat, qui se donna le 15 octobre. M. de Lescure, suivant son ordinaire, était à l'avant-garde et le premier de tous. Les généraux, comme nous l'avons vu, étaient toujours obligés de payer de leur personne, en enfants perdus. M. de Lescure savait que l'avant-garde des ennemis était tout près de lui. Il arrête les paysans et leur dit qu'il allait les reconnaître. Il monte, suivi du petit Beauvollier, un tertre élevé, se trouve dans les champs, et y voit, à quinze pas seulement, un bataillon républicain. Il crie aussitôt aux paysans : "Avancez !" en leur faisant signe du sabre, et reçoit en même temps toute la décharge des bleus, dont une balle lui traversa la tête, étant entrée entre la tempe gauche et la fin du sourcil, et sortie derrière l'oreille. Il tomba raide de cheval.
Le petit de Beauvollier, qui lui était tout dévoué, perdit la tête et, au lieu de songer à le secourir, jeta son sabre en poussant les hauts cris et parcourut toute l'armée en disant qu'il était mort, ce qui jeta l'alarme. Cependant l'avant-garde, qui était au bas du tertre, entendant crier : "Avancez !", s'était élancé dans le champ avec tant de fureur, qu'elle passa sur son général sans le voir et fit d'abord reculer l'avant-garde ennemie.
Bientôt, les Mayençais reprirent le dessus, nous battirent et nous forcèrent de nous réfugier à Cholet. Cette bataille se donna dans les avenues du château de la Tremblaye, entre Tiffauges et Cholet. Quant à M. de Lescure, Bontemps, son domestique, arriva deux minutes après qu'il fut blessé. Il le trouva baigné dans son sang et presque sans connaissance. Voyant cependant qu'il respirait encore, il le fit attacher en croupe derrière lui et, soutenu par deux soldats, il trouva le moyen de le sauver par miracle au milieu de la déroute, ne pouvant aller qu'au pas. Il le mena à Beaupréau, dont le hasard lui avait fait prendre le chemin, après avoir couru les plus grand dangers.
Toute l'armée s'était réfugiée à Cholet. Comme on n'y avait pas vu arriver M. de Lescure, on ne douta plus de sa mort, que le petit de Beauvollier avait annoncé."

Le Général Lescure blessé passe la Loire à Saint-Florent, par Jules Girardet, 1882, Musée Birkenhead, Grande-Bretagne.

Source : Mémoire de la marquise de La Rochejaquelein, éd. Centre de vendéen de recherches historiques, coll. mémoire de Vendée, 2010, pp.262-263.